L'année 2001 a vu sortir de terre le plan culturel de notre association. Notre culture souffre d'un problème de vulgarisation dû à une histoire passée sous silence et des traditions happées très souvent par une européanisation trop dominante. Est-ce normal qu'aujourd'hui, des "monuments" comme Vélo n'aient pas de mémorial organisé sur le sol de France ? Est-il acceptable de voir que notre langue ne soit pas considérée comme telle par beaucoup ? Enfin devons-nous accepter de voir passer sous silence des siècles d'esclavage ?
Nous pensons que cette part de nous doit aussi être visible aux yeux des autres. Nous ne sommes pas seulement des "bons vivants". Un jour peut-être, nous remplirons le Zénith en la mémoire de Vélo. Un jour peut-être, toutes les communes de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane seront inscrites en créole sur les panneaux de signalisation. Sûrement, 100.000 d'entre nous manifesteront en mémoire des esclaves. Avant que ces jours heureux ne viennent, nous organiserons des événements à la mesure de nos moyens afin de faire vivre nos traditions et vulgariser notre culture. Le 23 Mai 2001, une émotion réelle s'est emparée de nous. Nou té fiè. Avec les associations Racin Kamag (fòs pou yo) et Miyo (respè pou tout' mizisien a gwo ka é a mas) nous avons mené 200 âmes sur le chemin du souvenir. Ce jour de deuil (tout moun en linj' nwè) le tambour chant, la contre basse, la basse, la calebasse et le bwa fouyé ont sonné dans les rues de Paris entre Bastille et République. Défiler, la tête haute et le cœur plein de chants traditionnels nous paraissait être une manière digne de se souvenir.